Créer sa marque #2 : la production

Mar 13, 2019 | Marcel et Jean

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Voici le 2ème volet sur la création de Marcel et Jean, marque de tabliers de cuisine modernes et made in France.
Dans l’article précédent : Créer sa marque #1, on vous racontait les toutes premières étapes et difficultés que nous avons rencontrées dans cette folle aventure qu’est la création d’entreprise.

Pour rappel, nous avions abordé :

  • Le grand plongeon ou comment quitter son job pour créer sa boite ?
  • Le dépôt de notre marque Marcel et Jean à l’INPI
  • L’épreuve des formalités administratives
  • Les coups de déprime que l’on a connus
  • Et le monde merveilleux des fournisseurs 😉

On vous avait laissé avec plein d’idées en tête, des échéances à venir très importantes et du pain sur la planche plus qu’il n’en faut !

 

Vous allez voir, le destin nous a réservé quelques surprises…on vous dit tout !

 

Les fournisseurs, encore et toujours

Pour mieux comprendre l’ampleur de la tâche qui nous attendait, on vous fait un petit topo de tous nos fournisseurs. Ils sont sept, aux quatre coins de la France, chacun spécialisé dans son domaine.

Le cuir

On a cherché longtemps pour trouver un cuir qui corresponde à nos besoins : souple mais résistant, le bon coloris, agréable au touché…
On est allé au Pays Basque à la tannerie Rémy Carriat. On était fasciné et impressionné par cet atelier rempli de peaux. Des plus classiques aux plus extravagantes, y’en avait pour tous les goûts.

Au final, c’est une de leur nouveauté qui a retenu notre attention. Pas de bol, la couleur souhaitée n’existait pas dans cette référence, ils ont dû la créer rien que pour nous. C’est plus long, mais ce sera parfait !

Transformer le cuir en sangles 

On avait des peaux, il nous fallait maintenant les transformer en sangles pour nos tabliers. On a fait chou blanc pendant des semaines. C’est en discutant de nos difficultés avec nos familles que l’idée est venue. Mon père a dit : “Et Maryse ?“

Maryse, sellière de métier et implantée à Aurice, dans Les Landes. Ironie du sort, c’est le village de mes grands-parents.
Maryse a accepté de travailler avec nous. Il a fallu plusieurs essais pour trouver la bonne formule pour les boutonnières notamment. Elle nous a apporté ses conseils, son expertise et a fait preuve de beaucoup de flexibilité.

La bouclerie

Dans ce domaine aussi on a galéré. Pour trouver le fournisseur, certes, mais surtout pour trouver le bon modèle, la bonne taille, le bon visuel ou la bonne couleur.
Ça se résume à des mois d’échanges avec notre fournisseur du Jura, des tas d’échantillons reçus, des débats animés pour faire les bons choix…
Bref, le casse tête.
On a validé les pièces, une à une, petit à petit et après 3 mois, on a passé la commande définitive !

Choix du tissus

Sur ce point, on était en veine. Pour faire nos tous premiers prototypes, j’avais trouvé, chez un détaillant, un tissus qui semblait parfait. Ensuite, on s’est débrouillé pour trouver le nom du fabricant. Il était français, la chance nous souriait.

Nos étiquettes en coton

Soyons clairs, niveau étiquette, on a sorti les rames dès le départ. Les contraintes techniques étaient plus importantes que prévues. Nous voulions des étiquettes tissées (non imprimées), en couleurs et en grand format. C’est presque cinq mois de travail, de tests et d’échantillons.
Le modèle a été validé et est parti en production. C’était sans compter sur les soucis à la découpe. L’atelier a dû commander de nouveaux outils en pleine production pour un meilleur rendu de la découpe.
Bref, c’était long, c’était compliqué mais l’étiquette finale nous est parvenue et on en pas peu fier !

Le packaging

On a eu du mal à trouver un fournisseur français. Nous suivions sur Instagram plusieurs marques inspirantes comme “Ciel mon radis”, ils ont crée un potager d’intérieur. Leur packaging nous plaisait beaucoup et on leur a simplement demandé, via Instagram, qui était leur fournisseur. Sans aucun problème, il nous ont donné un nom et même leur contact. Un super coup de pouce !

La confection 

On a rapidement pris contact avec un gros atelier de confection. Ils nous ont fait un super prototype avec des finitions impeccables. Mais niveau délais et réactivité c’était long, très long. Une semaine pour répondre à un mail et des interlocuteurs toujours différents à qui il fallait réexpliquer notre produit.
On s’est dit que ce n’était peut-être pas adapté à nos besoins du moment.

Pour plus de réactivité et de flexibilité on a essayé de trouver un atelier dans notre région. C’est par hasard qu’on a rencontré Séverine, couturière de métier, ayant son atelier à 20 minutes de Toulouse.
Cerise sur le gâteau, son atelier est installé dans les locaux d’une entreprise de broderie et de sérigraphie. Une pierre, deux coups !

Les choses avançaient mais très lentement à notre goût. C’est la difficulté quand on a plusieurs fournisseurs, on dépend de leurs délais.

L’objectif que nous nous étions fixé était d’être prêts pour Noël 2018…et bien, c’était raté !

Moralement ça a été un coup dur pour nous mais il faut parfois savoir lâcher prise et faire au mieux.

Les tabliers Marcel et Jean sortiraient en 2019. C’était pas la fin du monde.

 

Un coup de pouce du destin

Le moral d’un créateur d’entreprise c’est les montagnes russes. Un jour on est le roi du monde et le lendemain on galère et on remet tout en question. Fin novembre, début décembre 2018, on était au creux de la vague.

C’est là que le destin nous a donné un petit coup de pouce.

Une rencontre fructueuse

Je vous en ai parlé, on a dû changé notre fusil d’épaule quant à l’atelier de confection. On a opté pour le modèle réduit mais tout aussi quali. Avant de trouver ce nouvel atelier, on était dans l’impasse, à subir des délais trop longs.

Un peu par hasard, j’ai cherché s’il n’y avait pas des ateliers autour de Toulouse. Je n’en ai pas trouvé mais j’ai tout de même contacté une entreprise. Le patron m’a confirmé que sont entreprise ne faisait plus de confection mais il a tenu à me rencontrer pour discuter du projet.

C’est ainsi que ce chef d’entreprise nous a ouvert ses portes, mis à disposition sa salle de coupe du tissus, ses outils, nous a fait profiter de son carnet d’adresses et nous a accordé beaucoup de son temps.

Nous aussi, on s’est demandé : “Pourquoi il ferait ça pour nous ?

Il a répondu :

Parce que j’en ai marre d’entendre que les entreprises du textile ferment, qu’il n’y a pas de repreneur. Vous êtes un OVNI dans ce milieu et ça fait du bien.

Parfois, il faut juste savoir dire merci et prendre ce que l’on vous donne.

Cet épisode nous a fortement motivé, on était reparti comme en 40. Vous allez dire qu’on a eu de la chance et c’est pas faux parce que la même semaine, on a reçu un message sur les réseaux sociaux

Une opportunité à saisir

C’était un mardi soir, 23h quand une certaine Emeline nous envoie un message pour en savoir plus concernant nos tabliers et sur Marcel et Jean. Notre première réaction a bien entendu été : “Comment elle nous connait ?

Instagram a fait son boulot et nos tabliers ont plu à cette cuisinière qui démarrait un nouveau projet pro en partenariat avec un chef parisien.

C’est comme ça que le tout premier tablier Marcel et Jean a vu le jour. Il a fallu se débrouiller et fabriquer le tablier en question en moins d’une semaine. Mission compliquée mais réussie.

 

C’est à cette occasion que nous avons rencontré Séverine qui confectionne aujourd’hui nos produits dans son atelier près de Toulouse.

Comme quoi, même au pied du mur, une porte de sortie peut s’ouvrir à tout moment, tout peut changer très rapidement. Cette période difficile nous a permis de rencontrer de nouvelles personnes et de nous ouvrir à d’autres perspectives.

Bref, merci.

 

On passe à l’action

Passer les commandes

Il faut bien le dire, passer commande à nos fournisseurs a été une étape importante car c’est le moment fatidique où il faut payer les factures.

Les commandes ont été passées les unes après les autres. Les délais étaient assez longs, trois semaines en moyenne, jusqu’à cinq semaines pour le cuir dont la couleur devait être créée rien que pour nous.

Fin Janvier 2019, nous avions toutes les fournitures nécessaires à la confection.

Démarrage de la confection

Toutes les fournitures étaient arrivées à l’atelier. Il n’y avait plus cas

C’est le moment où il a fallu lâcher prise et laisser Séverine s’atteler à la production. D’ici quelques semaines, nous aurions enfin nos tabliers !

 

Mais entre temps, il y a du taf. Pour vous donner une idée de la quantité de travail nécessaire à la fabrication d’un tablier, voici les étapes du montage :

  1. Coupe du tissu en fonction du patronage (2 toiles de tablier et 2 poches)
  2. Surfilage des poches (pour qu’il n’y ait pas de fil qui dépasse)
  3. Broderie du logo
  4. Pose des différentes étiquettes Marcel et Jean
  5. Pose des poches
  6. Assemblage de l’avant et de l’arrière du tablier (et oui, il est doublé notre tablier, les coutures sont invisibles)
  7. Surpiqûre sur le tour du tablier
  8. Pose des sangles coton
  9. Sérigraphie
  10. Pose des boutons
  11. Pose des pièces en cuir
  12. Repassage
  13. Pliage
  14. 😎

 

Pendant qu’à l’atelier, la production battait son plein, de notre côté, on ne manquait pas de boulot pour autant.

Développer la partie Web

Notre compte Instagram commençait à fonctionner, on avait quelques contacts et pas mal de commentaires positifs sur nos photos des tabliers. Mais pour intensifier la chose, il nous fallait toujours plus de photos, de nouveautés et d’interaction avec notre petite communauté.

Tout déplacement était une opportunité pour faire de nouvelles photos. Une rando en montagne ? On dégainait nos tabliers pour un shooting improvisé.

Les réseaux sociaux, c’est vraiment un boulot à temps plein, la journée, le week-end ou en vacances, pas de répit.

 

Il a aussi fallu peaufiner notre site. On a créé les pages descriptives des produits, en essayant d’être clair et factuel. On a voulu beaucoup de photos pour que nos clients sachent, dans le détail, ce qu’ils achètent.

Le mot d’ordre pour le site c’était : TRANSPARENCE !

Olivier à fait un gros boulot sur le développement de la partie “paiement” du site. On voulait que ce soit simple, clair et sécurisé.

En résumé, tout s’est accéléré et on était sur tous les fronts : fournisseurs, production, développement web et tous les petits détails qui nous ont pris du temps comme créer les autocollants à offrir ou les flyers à inclure dans nos packaging et j’en passe…

 

Début Mars 2019, on était prêt : les tabliers étaient finis, le site était fonctionnel. On a donc lancé l’ouverture de la boutique Marcel et Jean le 5 Mars !

Bilan

On a raté Noël : c’était une grosse déception mais on a su rebondir et garder le moral

Savoir improviser et saisir les opportunités : créer un tablier en 1 semaine pour Emeline nous semblait impossible mais on a foncé. Parfois, il faut juste oser et ne pas trop réfléchir.

Ne pas hésiter à changer son fusil d’épaule : on a changé d’atelier de confection au dernier moment. C’était risqué mais ça nous a apporté réactivité et simplicité lors de la production.

Penser aux détails : il est évident que la production et le site étaient nos priorités mais le projet tient aussi sur des détails. On a réussi à ne rien oublier (enfin, on pense…).

Voir plus loin : on était tellement concentré sur cette première production que la suite était difficile à envisager. Pourtant, il est nécessaire de voir rapidement plus loin. La 1ère production n’était qu’un début et pas un aboutissement.

A suivre…

Les prochains mois vont être stressants et excitants. Dans le prochain article on devrait vous parler des points suivants :

  • Lancement de la boutique en ligne
  • Nos premières ventes (on espère…)
  • Comment on se fait connaître ?
  • Lancement des nouveaux produits

 

Alors, on vous dit à bientôt pour la suite de l’aventure !

A+

— Camille et Olivier (fondateurs de Marcel et Jean)

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